92ème congrès ACFAS – Colloque 626 : « Transition et détransition chez les jeunes: se comprendre et s’unir face à la désinformation et la division. »

6 Mai 2025 - École de technologie supérieure de Montréal/En ligne

La Chaire de Recherche du Canada sur la recherche partenariale et l’empowerment des jeunes vulnérabilisés (CRC ReParE) organise son 4ème colloque dans le cadre de l’ACFAS, qui se tiendra en personne et en ligne le mardi 6 mai 2025 à l’ École de technologie supérieure de Montréal.

Lien vers notre page de colloqueProgramme scientifique (PDF)
Comité organisateur

Ce colloque est organisé par la CRC ReParE et ses membres, le comité organisateur est composé de :

  • Annie Pullen Sansfaçon, Professeure titulaire, École de travail social, Responsable du colloque, Université de Montréal, et Titulaire de la CRC ReParE
  • Morgane Gelly, conseiller.e principal.e à la recherche, CRC ReParE
  • Sei Laroche-Tanguay, coordination des partenariats et réseaux sociaux, CRC ReParE
  • Tommly Planchat, professionnel de recherche, Responsable du programme, des communications et de la logistique, CRC ReParE
Problématique

Ces dernières années, un discours critique a émergé sur le genre et les transitions de genre, en particulier pour les jeunes trans et non-binaires (TNB). Alimentant une panique morale, plusieurs articles et reportages suggèrent que les jeunes TNB accèdent trop rapidement aux soins médicaux d’affirmation du genre (SMAG). La théorie controversée de la "dysphorie de genre à déclenchement rapide" (ROGD) a aussi gagné en visibilité. Elle suggère que des jeunes filles vulnérables entreprennent une transition de genre sous l’influence d’une « contagion sociale » et d’un mauvais diagnostic de dysphorie de genre, puis le regrettent. Cette théorie, bien que très contestée par les chercheur·e·s, est largement médiatisée. Paru en 2024, le rapport Cass, lui aussi très critiqué, remet en question les bénéfices des SMAG et les standards de soins de l’association mondiale des professionnel·le·s en santé trans.

Dans ce contexte, l’idée de regret est souvent mise de l’avant pour souligner le danger d’effectuer une transition. On voit d’ailleurs une multiplication des narratifs sur la détransition souvent présentée de façon alarmiste comme une erreur à prévenir en restreignant l’accès aux SMAG. Bien que les recherches montrent des parcours de détransition nuancés, les controverses sur l’accès aux SMAG et le risque de regret ont déjà des effets tangibles. D'une part, elles menacent les droits des communautés trans, comme en témoignent les restrictions ou interdictions des SMAG qui se multiplient dans plusieurs pays. D'autre part, les personnes détrans subissent souvent du rejet dû à l’instrumentalisation de leurs expériences.

Face à cette désinformation et à la polarisation croissante entre les communautés trans et détrans, il est crucial de comprendre leurs expériences et de mettre en lumière leurs points de convergence sur des enjeux tels que le consentement éclairé, l’autonomie corporelle et la reconnaissance des parcours de chacun·e.

Informations utiles
Les activités du congrès se tiendront sur le campus de l' École de technologie supérieure (ÉTS) et en ligne.
Vous pourrez récupérer votre porte-nom dans la zone d'inscription :
Hall du pavillion A
1100 rue Notre Dame Ouest, Montréal (Québec) H3C 1K3
Inscription au congrès
Le paiement des frais d'inscription au congrès est requis pour accéder aux colloques. Votre inscription vous donnera accès à l'ensemble des colloques sur toute la semaine.Toutes les activités scientifiques seront accessibles en ligne.
Inscription
Rediffusion de conférences
Vers une alliance Dé/Trans : favoriser l’autonomie et l’autodétermination dans la diversité des parcours de genre (Ashley, 2025)

Résumé :
Les communautés trans et détrans sont souvent représentées comme des voix à intérêts divergents sinon pleinement opposés sur le plan médical. Si les personnes trans se voient bénéficier de l’accès aux soins de transition de genre, ce seraient plutôt les barrières aux soins qui bénéficieraient aux personnes détrans. Dans cette présentation, Florence Ashley suggérera que, bien au contraire, les intérêts des personnes trans et détrans sont alignés quant à l’accès aux soins de transition de genre puisque les barrières aux soins ne préviennent pas les regrets et peuvent même être détrimentaires aux personnes détrans. Se faisant, la présentation s’ouvre à la vision d’une alliance dé/trans qui place l’emphase sur l’autonomie, l’autodétermination du genre, et la diversité des parcours du genre.

Biographie :
Florence Ashley est professeur·e adjointe à la faculté de droit de l'Université de l'Alberta et au Centre John Dossetor Health Ethics. En 2019-2020, ille a été la première greffière ouvertement transféminine à la Cour suprême du Canada. Florence est l'autaire de deux livres sur les questions trans et de nombreux articles académiques, y compris des articles sur la détransition écrits en collaboration avec des chercheur·e·s trans et détrans.
Contexte socio-politique, discours et impacts sur les jeunes TNB et détrans (Daigneault et al., 2025)
Résumé

Les données des lignes d’écoute destinées aux jeunes LGBTQ2+ aux États-Unis au moment de l’élection et de l’intronisation de Trump montrent une explosion des recours aux services directement liée au contexte politique. THEM.us rapportait en ce sens une augmentation de près de 200% des appels auprès du Trevor Project lors des 2 jours précédents l’élection du 5 novembre et de 700% le lendemain. Mais qu’en est-il de notre côté de la frontière ?
Les décrets américains et les discours clivants influencent-ils les demandes d’aide et la détresse des jeunes trans et non-binaires au Québec et au Canada? Le climat social actuel met-il en péril leur santé mentale et leur quotidien?
Cette communication explore l’impact du climat sociopolitique sur la santé mentale des jeunes TNB à travers les statistiques de la ligne d’écoute et de renseignements d’Interligne, les signalements anonymes d’actes de discrimination et de violence via la plateforme ALIX, ainsi que les résultats d’une récente étude pancanadienne sur la santé mentale des personnes 2ELGBTQIA+ menée par la firme Léger pour Interligne.
Nous analyserons les tendances des demandes d’aide et leurs liens avec les discours anti-trans et les restrictions sur les soins d’affirmation. En mettant en lumière ces données, nous souhaitons sensibiliser aux impacts concrets des débats politiques sur les jeunes TNB et proposer des pistes d’action pour mieux les soutenir.

Biographie :

Mathé-Manuel Daigneault (Il/iel) est une personne transmasc neuroqueer travaillant à la coordination des services chez Interligne, après avoir précédemment collaboré avec plusieurs autres organisations de la diversité sexuelle et de genre dans la dernière décennie. Titulaire d’un baccalauréat en Animation et recherche culturelle et d’un programme court de 2e cycle en gestion de l’EDI en milieu de travail, il est également professionnel de recherche au Laboratoire inclusif de recherche et développement de l’Université de Sherbrooke, fonction qui lui permet de perfectionner ses habiletés en analyses statistiques et en recherche en sciences sociales. Ses intérêts de recherche portent sur les réalités et la représentation des personnes trans ou neuroqueer, de même que sur les initiatives d’EDI.

Grandir trans : Perceptions des jeunes trans et non binaires – Contexte sociopolitique et accès aux soins d’affirmation de genre (2022-2024) (Ladry et al., 2025)
Résumé

Bien que de nombreux pays aient adopté des lois protégeant les droits des personnes trans et non binaires (TNB), certains ont vu émerger une montée de la droite politique, avec des politiques répressives et des manifestations anti-trans. Au Canada, malgré des progrès législatifs et sociaux, l’accès aux soins d’affirmation de genre (SMAG) varie d’une province à l’autre, créant un climat d’incertitude, car les protections légales ne sont pas toujours garanties. Or, les SMAG, tels que les bloqueurs de puberté et l’hormonothérapie, sont essentiels au bien-être psychologique et physique des jeunes, réduisant la dysphorie de genre et en améliorant leur qualité de vie. Comment le contexte sociopolitique entre 2022 et 2024 influence-t-il ou non le bien-être des jeunes TNB et leur accès aux SMAG? Cette présentation s’inscrit dans le cadre du projet Grandir Trans, une enquête longitudinale internationale sur les SMAG, centrée sur l’évolution des parcours de soins et leur impact sur le bien-être des jeunes TNB canadien·ne·s âgé·e·s de 11 à 17 ans. Les données montrent que l’accès aux SMAG et la transition légale ont amélioré le bien-être général des jeunes, en réduisant la dysphorie de genre. Malgré des reculs dans certaines provinces, les familles restent confiantes quant au soutien disponible, même face aux informations parfois négatives des politicien·ne·s, projets de loi et médias.

Biographie :

Naomie-Jade Ladry, candidate au doctorat en sciences humaines appliquées, est diplômée de la Maîtrise en sciences de l’administration — gestion du développement international et de l’action humanitaire et du Microprogramme de deuxième cycle en études du genre de l’Université Laval. Ses centres d’intérêt portent sur les questions d’égalité de genre, en particulier les perspectives féministes intersectionnelles ainsi que les enjeux entourant la diversité de genre. Naomie-Jade Ladry travaille comme assistante de recherche sur le projet Grandir Trans.
Régression des niveaux d’aise des jeunes face aux personnes LGBTQ+ : des données tirées de la salle de classe (Charbonneau & Graindorge, 2025)
Résumé

Le GRIS-Montréal est un organisme qui démystifie l’orientation sexuelle (depuis 1994) et l’identité de genre (depuis 2019) en milieu scolaire. Les interventions répondent aux questions des élèves, avec des bénévoles LGBTQ+ partageant leur vécu personnel. Depuis 2021, les intervenant.es du GRIS observent une hausse des discours haineux et des attitudes de fermeture à l’égard de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres chez les élèves qu’iels rencontrent. Cette impression est confirmée par ses questionnaires d’enquête, qui montrent un déclin significatif récent du sentiment d’aise des jeunes face à ces réalités. Cette communication s’appuie sur les données issues de questionnaires (n= 35 705), complétés par des élèves de l’école secondaire lors de 1 512 interventions réalisées entre 2018-2023, dans une diversité de régions du Québec. Ces questionnaires sondent le niveau d’aise des jeunes face à une série d’énoncés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Parmi les hypothèses permettant de rendre compte de ce déclin dans les sentiments d’aise des jeunes, on peut penser à la structure des médias sociaux exacerbant la présence de chambres d’écho, à l’écosystème journalistique néolibéral accentuant les processus de désinformation, à l’efficacité avérée des paniques morales autour des personnes LGBTQ+ pour distraire des véritables enjeux sociaux et rassembler des franges diversifiées de la population autour de valeurs communes, souvent nationales.

Biographies

Amélie Charbonneau (elle) est chargée de recherche pour le GRIS-Montréal depuis 2013. Forte de ses études en travail social, en études féministes ainsi qu’en communications, elle aime particulièrement documenter les perceptions et les représentations des jeunes sur les personnes de la diversité sexuelle et de genre.

Alexis Graindorge (il/ille) est sociolinguiste queer et professionnel·le de recherche au GRIS-Montréal, où ille a contribué au dernier rapport sur la montée du malaise envers les réalités queers, paru en janvier 2025. Ille s'intéresse notamment aux questions de normes linguistiques, de représentations et d'attitudes, et attache une grande valeur à l'accessibilité de la recherche et au partage des connaissances. 

Exploration de la prédominance transmasculine à l’adolescence : le rôle des politiques LGBT aux États-Unis et en Europe (Vandendriessche & Cohen, 2025)
Résumé

Les enquêtes sur les jeunes trans révèlent une prédominance d’individus assignés fille à la naissance (i.e. personnes transmasculines) par rapport aux individus assignés garçon à la naissance (i.e. personnes transféminines), un phénomène encore inexpliqué. Cette étude examine si cette prédominance transmasculine à l’adolescence peut être liée à des facteurs macro-sociaux, tels que les politiques LGBT, en analysant des données des États-Unis et de l’Europe. Nous avons utilisé l’enquête U.S. Transgender Survey de 2015 (N = 27 715 individus trans), l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) de 2019 (N = 118 945 individus LGB cis et 18 608 individus trans). Les scores des politiques ont été obtenus auprès du Movement Advancement Project (États-Unis) et de l’ILGA-Europe Rainbow Index (Europe). Nos résultats révèlent une prédominance constante des adolescents transmasculins, avec un partage d’identité plus tardif pour les jeunes transféminins dans l’ensemble des 50 États américains (2015) et des 30 pays européens (en 2019). Bien que les différences d’âge de déclaration d’identité ne soient pas corrélées aux politiques de genre aux États-Unis, elles le sont significativement avec les politiques LGBT en Europe. La prédominance des adolescents transmasculins est étroitement liée aux plus grandes difficultés rencontrées par les adolescentes transféminines pour partager leur identité.


Biographie :

Claire Vandendriessche est coordinatrice associative de Trajectoires Jeunes Trans, plateforme française de coordination des acteurs de santé des mineur·es trans et de leurs familles dans la région parisienne, médiatrice en santé auprès de ces publics, et chercheuse sur leurs enjeux de santé. Elle est également co-présidente du Réseau Santé Trans, association française de professionnel·les de santé et d'usager·ères trans du système de santé.


Défis du rôle parental en réponse à l'identité transgenre de l'enfant : Perspectives sociétales et implications pour la santé publique (Servais et al., 2025)

Résumé

La découverte de l'identité transgenre d'un enfant remet en question les représentations genrées des parents, les poussant à reconsidérer leurs rôles. Cette étude explore comment ils naviguent entre le soutien familial et les normes sociétales, redéfinissant leur perception de l'identité et du rôle parental. 21 entretiens semi-structurés ont été réalisés avec des parents d'enfants transgenres en Belgique francophone, analysant les processus de déconstruction et de reconstruction identitaire en réponse aux attentes sociales. En réponse à la découverte de la transidentité de leur enfant, les parents revisitent et réajustent leur identité parentale. Cette transition conduit à une réévaluation profonde de leurs rôles, où le soutien à l'identité de genre de leur enfant devient central. Leur parcours est ponctué de multiples "coming-outs" dans divers environnements (école, famille élargie, etc.), plaçant les parents dans un rôle de médiateurs. Cette redéfinition de leur rôle met en lumière les défis et les adaptations nécessaires pour naviguer entre identité personnelle et acceptation sociale. Ces résultats mettent en lumière le besoin accru de soutien pour les parents, qui doivent constamment ajuster leur propre identité tout en défendant celle de leur enfant Cette présentation abordera des pistes de solutions visant à renforcer la résilience familiale et à contribuer à une acceptation sociale élargie des diversités de genre.



Biographie :

Titulaire d'un master en sciences de la santé publique à finalité spécialisée, sa recherche doctorale se concentre sur les expériences vécues par les adolescent·e·s et jeunes adultes transgenres et non-binaires âgé·e·s de 15 à 24 ans afin de mieux comprendre la complexité de leurs besoins en matière de bien-être et d’accompagnement. L'objectif général de ce projet de recherche est de comprendre et de trianguler les perspectives des jeunes, de parent·e·s (et famille élargie) et de professionnel·le·s et d'encourager une participation effective à l'élaboration de recommandations pour des stratégies de soutien pertinentes. Ces recommandations multidimensionnelles seront axées sur la promotion de la santé dans la perspective d'environnements favorables à la santé, d'une société inclusive et du renforcement de l'action communautaire et des compétences individuelles.
Parentalités trans-affirmatives : la réalisation d'une vie psychologiquement riche (Macallister-Caruso et al., 2025)
Résumé

Alors que la littérature scientifique sur la relation entre les enfants trans et non binaires et leurs parents met surtout l’accent sur le rôle des figures parentales dans le développement de leur enfant, peu d’études examinent comment cette relation transforme les parents eux-mêmes. Comblant cette lacune, cet article explore comment le militantisme en faveur des enfants trans et non binaires façonne la vie des parents affirmatifs, renforçant les liens de confiance et élargissant leur compréhension de la diversité humaine et des luttes qui l’accompagnent. À partir d’une analyse préliminaire de 62 entretiens menés auprès de parents affirmatifs au Canada, nous opposons la vision du mouvement des droits parentaux, qui cherche à contrôler la non-conformité de genre des jeunes, à celle des parents affirmatifs qui considèrent la parentalité comme une pratique relationnelle. Cet article réaffirme le constat bien établi que le soutien parental améliore la santé mentale des jeunes trans et non binaires, mais montre aussi comment les parents affirmatifs vivent une transformation personnelle à travers leur engagement. En mobilisant le concept de « vie psychologiquement riche » (Oishi & Westgate, 2021), nous suggérons que l’affirmation d’un enfant trans incarne la complexité et le changement de perspective caractéristiques d’une telle vie, offrant ainsi un cadre alternatif pour une parentalité créative du genre fondée sur l’ouverture, la transformation et une éthique du soin.


Biographie :

Doctorant en science politique à l’Université Concordia, Francesco (il/iel, accords masculins) étudie la citoyenneté et la représentation politique des personnes bispirituelles, trans et non binaires au Canada. Depuis trois ans, Francesco occupe le rôle de coordonnateur de projet pour une étude sur les revendications de parents d’enfants trans au Canada. De plus, depuis 2020, iel travaille au sein de l’équipe des communications du Centre de recherche communautaire, où iel crée du matériel promotionnel engageant pour appuyer les activités de recherche et de plaidoyer de l’organisme en matière de santé queer et trans. Motivé par le désir de rapprocher la recherche universitaire du débat public, Francesco s’engage à rendre les connaissances et les enjeux politiques plus accessibles. En dehors de sa vie professionnelle, Francesco aime les jeux vidéo, la cuisine et le jardinage.



Grandir trans : L'influence des soins médicaux d’affirmation de genre sur le bien-être des jeunes trans et non binaires au Canada(Ladry et al., 2025)

Résumé

Malgré les avancées législatives et sociales pour les droits des personnes trans et non binaires (TNB), l’accès aux soins médicaux d’affirmation de genre (SMAG) pour les mineur·e·s demeure débattu. Si certains plaident pour un accès dès la puberté, d’autres appellent à la prudence, estimant les données insuffisantes. L’émergence de narratifs sur la détransition et les regrets post-transition nourrissent aussi les inquiétudes. Pourtant, lorsque les soins sont adaptés, des bénéfices notables sont observés, comme la réduction du stress minoritaire et l’amélioration de la qualité de vie des jeunes TNB. Quels sont donc les effets de l’accès aux SMAG sur le bien-être des jeunes TNB au Canada ? Cette présentation s’inscrit dans le projet Grandir Trans, une enquête longitudinale internationale sur les SMAG, axée sur l’évolution des trajectoires de soins et leur impact sur le bien-être des jeunes TNB âgé·e·s de 11 à 17 ans. La présentation explore l’évolution du bien-être physique, psychologique et social de 7 jeunes TNB cannadien·ne·s ayant débuté un suivi médical d’affirmation de genre. Les données montrent que si les bloqueurs peuvent diminuer le stress lié à la puberté, l’hormonothérapie a un impact plus fort sur la réduction de la dysphorie et la confiance en soi. Par ailleurs, les SMAG semblent améliorer les relations sociales et familiales malgré quelques appréhensions. Cependant, des défis demeurent face à des environnement peu soutenants ou adaptés à leur identité de genre.


Biographie :

Naomie-Jade Ladry, candidate au doctorat en sciences humaines appliquées, est diplômée de la Maîtrise en sciences de l’administration — gestion du développement international et de l’action humanitaire et du Microprogramme de deuxième cycle en études du genre de l’Université Laval. Ses centres d’intérêt portent sur les questions d’égalité de genre, en particulier les perspectives féministes intersectionnelles ainsi que les enjeux entourant la diversité de genre. Naomie-Jade Ladry travaille comme assistante de recherche sur le projet Grandir Trans.
Transidentité et patrons de transition sociale, légale et médicale : une analyse de classes latentes des démarches de transition de genre entreprises par les jeunes TNB (Dion et Blais, 2025)

Résumé

Au Canada, on compte plus de 62 000 jeunes trans et non binaires (TNB) de 15 à 34 ans. Or, leurs profils de transition restent peu documentés. Cette étude a identifié, via des analyses de classes latentes, cinq profils de transition parmi 671 jeunes TNB de 15 à 29 ans, en fonction de leurs démarches de transition socio-médico-légales et de leurs caractéristiques sociodémographiques. Les cinq patrons sont : Contemplation (16%; peu de démarches); Non-conformité (13%; démarches sociales modérées, rares démarches légales, faible intérêt médical); Intention médicale (38%; démarches sociales répandues, quelques démarches légales, fort intérêt médical); Objectifs chirurgicaux (27%; démarches sociales, légales et hormonothérapie répandues, fort intérêt pour les chirurgies); Antécédents socio-médico-légaux (7%; démarches de tous types très répandues). Les patrons où plusieurs démarches étaient voulues et entreprises démontraient une grande satisfaction quant à leur transition, un meilleur bien-être et étaient davantage "out". Ceux qui comptaient moins de démarches entreprises ou un fort intérêt envers de futures démarches présentaient des scores moindres de satisfaction et de bien-être et plus de dissimulation. Ces résultats soulignent la nécessité de soutenir les jeunes TNB dans leurs démarches de transition, d’améliorer le soutien social à leur égard et de garantir l’accès aux démarches légales et médicales désirées pour favoriser leur épanouissement et reconnaissance en société.

Biographie :

Personne candidate au doctorat en sexologie, analyste et rédacteur·e scientifique à la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres.
Ses travaux doctoraux portent sur les facteurs intrapersonnels, interpersonnels et structurels influençant le processus de formation identitaire lesboqueer. Plus largement, ses intérêts de recherche portent sur les réalités vécues des personnes queer et les expériences influençant leur bien-être, tels que le soutien social ou les expériences d’adversité.  
Expériences, défis et besoins des jeunes ayant vécu un parcours de détransition sociale  (Lambert et al., 2025)
Résumé

Après une transition de genre, certain·e·s jeunes l’interrompent, temporairement ou définitivement. Ce phénomène de détransition est souvent perçu négativement et utilisé pour justifier des restrictions dans les politiques d’affirmation du genre. Cependant, peu d'études s'intéressent au vécu des jeunes ayant détransitionné après une transition sociale uniquement (JDS). Cette présentation explore les expériences de détransition des JDS et leurs ressentis après cette interruption. Nous nous appuyons sur une recherche qualitative internationale, avec des entrevues semi-dirigées menées auprès de 25 jeunes de 16 à 25 ans ayant discontinué une transition. Un sous-échantillon de 8 JDS a été constitué. Concernant leur rapport à soi, certain·e·s JDS continuent de ressentir un inconfort corporel, des doutes identitaires, tandis que d’autres connaissent un sentiment d’épanouissement et une libération. Quant à leurs relations sociales, les JDS font état de soutiens conditionnels ou inconditionnels, mais aussi d’incompréhension de la part de leurs proches. D’autres préfèrent vivre leur détransition en secret. Ces résultats illustrent la diversité des expériences de détransition sociale. Il est essentiel de fournir un soutien psychologique adapté et de renforcer l'éducation sur les détransitions dans la société.


Biographie :

Noémie Lambert (elle) est étudiante à la maîtrise en psychologie à l’Université de Montréal, sous la supervision d’Annie Pullen Sansfaçon. Elle a complété un baccalauréat en psychologie à l’Université de Montréal en 2023. Elle s’est impliquée auprès de divers organismes, notamment auprès des jeunes et des familles au sein d’un centre jeunesse dans les dernières années. Dans le cadre de sa maîtrise, Noémie travaille sur le projet Discours (De)trans. Elle s’intéresse plus particulièrement aux expériences scolaires chez les jeunes ayant vécu un parcours de transition, puis de détransition.
Comprendre les discours sur la détransition au regard du concept d’injustice épistémique Gelly et al., 2025)
Résumé

Depuis quelques années un discours très médiatisé a émergé sur les expériences de détransition, dépeignant un phénomène grandissant et propageant l’idée selon laquelle les jeunes trans et non-binaires (TNB) accèdent trop vite à des transitions médicales et le regrettent par la suite. Ce narratif permet de justifier des mesures restreignant l’accès aux soins d’affirmation de genre chez les jeunes TNB et a déjà des effets dans de nombreux pays, états et provinces qui adoptent désormais des politiques restrictives en matière d’affirmation de genre. Cette présentation vise à comprendre en quoi les discours sur la détransition constituent des formes d’injustices épistémiques (Fricker, 2007). Nous croiserons les données de deux volets d’une recherche examinant les discours sur la détransition : une analyse des discours médiatiques à partir d’un corpus de 192 articles de presse et 2 396 tweets publiés entre 2017 et 2020 et une analyse de 25 entrevues menées entre 2020 et 2022 avec des jeunes détrans de 16 à 25 ans. Les données montrent que les expériences de détransition sont dépeintes de façon homogène et sous un prisme négatif, limitant leur intelligibilité sociale et la capacité des personnes détrans à faire sens de leur vécu (injustice herméneutique). L’analyse révèle aussi une instrumentalisation politique de ces expériences, renforçant les stéréotypes et réduisant les personnes détrans à de simples sources d’information plutôt qu’à des informateur·ice·s, ce qui engendre une objectification épistémique et une déflection de leur crédibilité (injustice testimoniale). Nous amorcerons une réflexion sur la reprise de pouvoir face à ces injustices épistémiques.


Biographie :

Morgane a étudié en sociologie et en anthropologie. Depuis 2019, Morgane a travaillé auprès d’Annie Pullen Sansfaçon en tant que personne coordonnatrice de recherche à la Chaire de Recherche du Canada sur les enfants transgenres et leurs familles notamment sur le projet Discours (De)trans. En 2023, iel a intégré le poste de personne conseillèr·e principal·e à la recherche pour la nouvelle chaire ReParE.
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